Dans ma cambuse, j’ai…

Suite à l’article sur l’alimentation des pirates, ma colocataire m’a soufflé qu’il pourrait être intéressant et savoureux de tester la cuisine des pirates, pour de vrai…
Nous nous sommes aidées pour se faire d’un livre de recettes produit par Jade et Hippolyte Romain, édité par Agnès Viénot Editions.

« Cuisine de pirates » alterne les portraits de pirates célèbres, quelques données intéressantes sur la piraterie, et des recettes originales, illustrées par de magnifiques photos.
Les recettes sont à l’image des pirates du 18ème siècle aux Antilles : piquantes et cosmopolites. Au menu, viandes en ragoût et fruits de mer, en passant par les épices du monde entier et par un arrière-goût permanent de rhum…

J’ai choisi des recettes qui correspondent au mieux à ce que raconte l’article de ce blog consacré à l’alimentation des pirates.

En entrée, on profite des escales sauvages avec des araignées de mer, des avocats et une sauce citron vert et piment.
En plats, on repart en mer… Avec du boeuf bouilli et des haricots. Le tout agrémenté d’épices, petite fantaisie que les marins et pirates de l’époque ne pouvaient sans doute pas se permettre, hélas…
En dessert, on revient à terre, là où il n’y a qu’à tendre la main pour cueillir de bons fruits frais… Salade de fruits au rhum et rapadura, avec ananas, mangue, fruits de pourpre, coco, et oranges.

En boisson, du rhum, du rhum, et encore du rhum…

Verdict : même si tout cela était délicieux, et que nous nous en sommes mis plein la panse, il est bon de rappeler que les pirates de l’époque ne mangeaient certainement pas aussi bien tous les jours… Les épices coûtaient chères, et quand on mettait la main dessus, on les revendait. Aussi, il y a peu de chances que le cuistot en utilise pour égayer sa cuisine, quand on sait qu’il cuisinait pour cinquante à deux cents têtes…
Les fruits frais, en revanche, étaient bien au menu, mais seulement à terre, ou pendant les premières semaines de mer.
Quant au rhum… Aucun doute là-dessus. Il était là, tout le temps, à terre comme en mer. La plupart des chartes pirates stipulaient que chaque membre de l’équipage avait accès à volonté aux liqueurs du bord. Et quand on sait que l’un des produits les plus exportés des colonies était le rhum, il ne fait aucun doute qu’il avait la part belle dans l’inventaire des cargaisons pillées.

Toujours est-il, que ces recettes, bien qu’adaptées à notre réalité actuelle, mettent en valeur des ingrédients proches de ce qu’on s’attend à manger à bord d’un navire écumant les Antilles au 18ème siècle… On recommande chaudement !